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09
déc 19

Comment « SeaToy » est entré dans notre vie


Retour d’expérience de 2 anciens stagiaires :

Sea Toy

Sea Toy – Dehler 46

Commençons par la fin, aboutissement d’un cheminement parcouru avec persévérance et un brin de folie, sous la houlette attentive des Guides du Grand Large: nous sommes aujourd’hui les heureux propriétaires de SeaToy, sans doute l’un des plus élégants et plus rapides monocoques de la marina du port de Cherbourg. Ce beau joujou, confié en gestion aux Guides du Grand Large, est aussi l’un des plus équipés et des mieux entretenus. Au-moins une fois par mois, nous nous échappons du tumulte parisien et de la pollution urbaine pour prendre le large vers l’Angleterre, les îles Anglo-Normandes ou des destinations plus ambitieuses. Et cela à trois heures et demie de Paris, par une route facile. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Il y a environ quatre ans, nous nous rencontrons sur un stage des Guides du Grand Large en Manche, puis un second, puis aux Antilles. Le courant passe. Issus d’horizons différents, mais de même âge, amoureux de la mer, avec une approche commune de la navigation, une certaine disponibilité et quelques économies… Il n’en faut pas davantage pour que germe un projet d’acquérir dès que possible notre autonomie sur l’eau et de naviguer sur notre propre voilier. Grâce aux Guides du Grand Large, incarnés pour nous par Nicolas Tardy, nous sommes en passe d’atteindre ces deux objectifs.

Progression vers l’autonomie

Autonomie signifie chef de bord, donc responsabilité. À cet égard, commencez par lire la Division 240 et vous plonger dans le Code Pénal et Disciplinaire de la Marine Marchande. Si vous n’êtes pas découragés, alors vous êtes un bon candidat pour évoluer vers l’autonomie. Mais pas de panique, entre une sortie à la journée en vue des côtes et la traversée du golfe de Gascogne, il y a des étapes, chacune avec ses exigences. En ce qui nous concerne, nos parcours diffèrent. Pour l’un, plusieurs milliers de milles parcourus ces dix dernières années, un naufrage à l’entrée de Saint-Malo, puis avec les Guides un golfe de Gascogne dans le tambour d’une lessiveuse, une transat, les Antilles, la Manche, la Bretagne… Pour l’autre, voile légère, windsurf et quelques sorties en habitable dans une lointaine jeunesse, et depuis trois ans, une pratique intensive chez les Guides du Grand Large avec l’autonomie en ligne de mire : nombreuses traversées de la Manche, Brest, La Rochelle, un aller-retour Martinique- Venezuela, des navigations de nuit et des navigations en plein hiver… Chez les Guides, pas de ségrégation par niveau, on vous plonge d’emblée dans le grand bain du Raz Blanchard à la barre de voiliers performants…

La progression vers l’autonomie s’articule autour de quatre modules: Mécanique du voilier (pas du moteur bien sûr…), Navigation, Vie à bord et sécurité, Manœuvres de port. Ces modules pédagogiques enseignés simultanément – et non pas successivement – ont fait la richesse de nos navigations. Le plus difficile pour nous? Les manœuvres de port par vent frais. Il faut vraiment s’y atteler, apprendre à anticiper l’effet du vent sur le gréement, définir le rôle de chaque équipier dans la préparation des aussières et des pare-battages, etc. Ce sont les dix premières minutes et les dix dernières d’une navigation, mais des minutes à haut risque pour le bateau et ceux des autres…

L’acquisition du bateau

D’emblée, il nous a paru évident que notre futur bateau serait confié en gestion aux Guides du Grand Large, gage d’une surveillance attentive et d’un entretien scrupuleux. Sur la base d’un cahier des charges élaboré d’un commun accord, nous sommes parvenus à établir une short list de deux bateaux, essayés en Méditerranée en décembre 2017. Décision difficile car il n’existe pas de bateau idéal. Il faut trouver le meilleur compromis entre rapidité, confort et budget en fonction d’un programme. C’est finalement sur un Dehler 46 compétition que s’est porté notre choix. Il s’agit d’un voilier de course croisière, de classe A, équipé en navigation hauturière pour huit personnes, avec mât et bôme en carbone et moteur de 72CV. Longueur hors tout 14,50 m, longueur à la flottaison 14,00 m, bau maximum 4,35 m, tirant d’eau 2,50 m, déplacement 10,70 t, tirant d’air 22,20 m. Le bateau dispose en outre d’un winch et d’un guideau électriques, d’un pilote automatique et d’un propulseur d’étrave.

Aujourd’hui, avec près de 4.000 milles au compteur et après quelques ajustements pris en charge par le SAV, nous ne regrettons aucun de nos choix. Le bateau est confortable, rapide, réactif, franc à la barre et réalise un excellent cap au près. Les Guides du Grand Large nous ont accompagnés pas à pas lors de chaque étape du processus: définition de notre programme, choix du bateau, choix des options, négociation avec l’importateur, aménagements intérieurs, équipements de courtoisie, électronique de bord, aides à la navigation, tests dans des conditions de navigation exigeantes, retour au chantier pour le SAV, etc. Rétrospectivement, nous réalisons à quel point nous aurions été vulnérables dans notre démarche sans les conseils d’un professionnel de confiance.

Pourquoi un 46 pieds ?

En mer, pas vraiment de différence entre un 46’ et un 40’ qui nous aurait aussi bien convenu, si ce n’est que les 6’ supplémentaires (1,83 m) apportent un appréciable gain de confort, de vitesse donc de sécurité et un meilleur passage dans la vague. Au port, c’est une autre histoire, il faut vraiment maîtriser les manœuvres de départ et d’accostage par tous les temps, le moindre souffle prenant dans le gréement. Jusqu’à présent pas trop de casse, mais beaucoup de frayeurs…

Électronique de bord et aides à la navigation

Notre centrale de bord est connectée à un PC de 14’’ dissimulé dans un placard du carré près de la table à carte. Ce PC est lui-même connecté par un câble HDMI 4K à un écran de 28 ‘’ fixé sur une cloison au fond du carré. La navigation sur l’écran se fait à l’aide d’une souris Logitech Trackball sans fil MX ERGO, sans manipulation du PC qui reste à l’abri, bien calé dans son placard. Sur le PC, nous avons téléchargé les logiciels et applications suivantes :

  • MAXSEA TZ Navigator avec cartes raster et options météo/marées et routage. Selon nous le meilleur logiciel de navigation pour la plaisance. Très riche, il faut apprendre à s’en servir, mais devient vite une aide indispensable pour préparer et suivre une navigation.
  • WEATHER 4D Routing & Navigation avec GFS 06Z pour la météo sur 10 jours, Arome 06Z pour la météo en maille fine sur 48 heures, et MyOcean IBI 00Z pour les courants, marées et hauteurs d’eau.
  • IMRAY Tides Planner pour les courants, marées, hauteurs d’eau en accès commode pour n’importe quel point du globe.
  • METEO CONSULT MARINE pour une approche ciblée de la météo en fonction des centres d’intérêt de chacun : ports, plongée, surf, pêche, plages, …
  • GOOGLE Earth pour repérer certains détails du paysage en 3D, les entrées de port, les mouillages, les promenades à terre, …

Cette configuration fonctionne parfaitement, avec l’ensemble des informations nécessaires affichables à l’écran sur simple clik de la souris Trackball.

Achat ou location ?

Avant de considérer l’achat d’un voilier, il faut penser programme et disponibilité : quel type de navigation, où, quand, avec qui ? Les ports sont saturés de belles unités qui ne sortent jamais, ou seulement quelques jours par an par beau temps… Mais les frais, eux, continuent de courir. En outre un bateau qui ne navigue pas est un bateau qui vieillit mal, donc qui perd de sa valeur. À moins de trente jours de navigation prévisibles par an, la sagesse est de se reporter sur la location.

Achat en copropriété ?

Oui, de gros avantages à la copropriété, à condition de bien connaître ses partenaires et d’être sûr de partager les mêmes objectifs, sinon le projet peut tourner au désastre. Un comble pour une activité de loisir ! Les avantages : partage des coûts, possibilité d’envisager une unité plus importante, embryon d’équipage, possibilité de partager les tâches d’entretien et de discuter les options d’une navigation.

Naviguer en Manche ?

Oui, un terrain de jeu idéal pour ceux qui veulent vraiment apprendre et progresser.

Le temps? Pas pire qu’en Atlantique. Nous naviguons de fin mars à fin novembre, sans jamais souffrir du froid, à condition bien sûr d’être correctement équipés.

Côté navigation, pas de meilleure école. Les courants sont impressionnants et les marnages importants. En outre, courants et contre-courants ne correspondant pas exactement avec les marées, il convient de toujours préparer sa navigation avec soin pour déterminer ses heures de départ et d’arrivée. En Manche, on ne lutte pas contre le courant au risque de faire du sur place ou de reculer. Par ailleurs, sur une traversée de Cherbourg vers l’Angleterre, on passe par le rail ascendant et le rail descendant des cargos, bateaux usines et porte-conteneurs. Si vous croyez toujours que les voiliers sont prioritaires sur les bateaux à moteur, venez vous rendre compte sur place…

Enfin les destinations sont illimitées: îles Anglo-Normande (Alderney, Guernesey, Sark, Jersey), ports de la côte sud de l’Angleterre, le Solent et Cowes sur l’île de Wight, Mecque du nautisme britannique, la remontée de Beaulieu River et plus loin les îles Scilly. Pour ceux qui préfèrent rester en France, Saint-Vaast-la-Hougue, Barneville-Carteret, Granville, Saint-Malo, les ports de la Bretagne nord, etc. Autant d’étapes pittoresques appréciées des passionnés de la voile.

SeaToy est basé au port Chantereyne de Cherbourg. Venez l’essayer dans la cadre des stages de formation organisés en Manche par les Guides du Grand Large. Vous ne serez pas déçus, au risque d’être un jour tentés, comme nous, par l’acquisition de votre propre voilier.

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